Raconter des histoires, ça s’apprend !

human-763156_1920Non, non, je ne parle pas de leur apprendre à raconter des mensonges 🙂 Je parle ici de storytelling, un mot à la mode dans le marketing, qui désigne l’art de raconter des histoires pour captiver un auditoire. La communication est une compétence qui s’acquiert et qu’il est indispensable de maitriser dans sa vie professionnelle. Que ce soit pour capter l’attention sur les réseaux sociaux, séduire un recruteur, ou encore convaincre un client. Le leadership se mesure aussi souvent à la capacité d’une personne à générer l’enthousiasme par son expression. Qui n’a pas été fasciné par Steve Jobs ?

Or, à l’école, il n’existe pas de cours d’éloquence. On apprend le français, mais on n’apprend pas à raconter des histoires… Un manque qu’il faut combler, en tant que parents. Car apprendre à raconter, c’est aussi apprendre à structurer ce qu’on veut dire, savoir distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas. Cela habitue les enfants à se concentrer, à organiser leur pensée, à classer des éléments par ordre d’importance, à restituer un récit de façon chronologique, et surtout, surtout, cela leur apprend à se connecter aux autres, détecter quand ils n’écoutent plus, savoir comment faire renaître l’intérêt, vérifier leur compréhension. C’est un véritable exercice de relations humaines.

Alors, voici quelques trucs pour développer cette compétence chez vos enfants.

1/ Devenez comédien des histoires du soir

Apprendre à raconter commence par.. la lecture d’histoires le soir, pour peu que vous y mettiez le ton. Car les enfants apprennent en imitant. Alors à vous de jouer 🙂 Lisez avec passion, soyez un artiste. Dégustez les textes. Jouez avec les silences pour intensifier l’intensité dramatique ou le suspense, ou, au contraire, accélérez le débit. Élevez la voix puis, brusquement, réduisez le volume. Jouez sur tous les sens : accrochez votre enfant avec le regard, jouez avec les mains voire avec le corps. Sans complexe. Vous voir vivre le texte avec passion développera sa confiance en lui, et il se sentira autorisé à reproduire. Avec les plus grands, utilisez récitations et poésies comme terrain de jeu. Au lieu de les faire simplement réciter, jouez ! N’hésitez pas à en faire trop, accentuez outrageusement : pas de risque, vous êtes entre vous 😉Prenez du plaisir, tentez différents effets. De même, prolongez avec les plus grands les histoires du soir, mais, cette fois, lisez des livres à deux voix !

2/ Saurez-vous trouver la musique ?

lorsque vous lisez un texte, tentez de trouver les bruitages efficaces pour accompagner votre lecture, avec vos mains ou avec des objets. Cherchez avec votre enfant quel serait le meilleur bruitage pour illustrer ou souligner le sens d’un mot, renforcer un mystère qui s’épaissit. (Petit lien vers les astuces de bruiteurs : http://bruitages.be/bruitages/bruiteurs/ )

Mettez vous tous les deux dans la peau d’un monteur de film. Vous avez joué votre pièce (votre livre) : quelle pourrait être la musique qui pourrait accompagner le jeu ou le générique du texte que vous venez de lire ? Un air classique que vous connaissez tous les deux ? Une musique d’un dessin animé ? Une chanson moderne ? Savoir jongler entre plusieurs sens (l’ouïe, l’odorat, le toucher,…) permet de construire dans sa tête un univers plus riche. Car faire du story telling c’est apprendre à jouer sur les sens et les émotions. Pour être passionnant, il faut non seulement gérer le ton, les silences, sa diction, mais aussi savoir faire naitre des sensations en utilisant tous les sens.

3/ Mannequins désarticulés

Bouger son corps et ne pas avoir peur de se mettre en scène : les story tellers géniaux jouent avec leur énergie, leur passion, n’hésitent pas à se mettre en scène. Si les tous petits osent tout,  s’agitent joyeusement sans se soucier du qu’en dira-t-on ni du ridicule, dès la primaire, lorsqu’ils doivent réciter une poésie, ils se restreignent, évitent de mettre le ton, de peur d’êtdes moqueries. Or, ils se trompent, car c’est tellement plus agréable d’écouter une poésie bien dite. Il faut les entrainer à parler avec leur corps. Pour habituer vos enfants à être à l’aise, voici un petit exercice tout simple : mettez régulièrement, en rentrant du bureau, une musique bien rythmée, et dansez avec vos enfants en faisant le plus de gestes possibles. La consigne : agitez-vous comme des pantins désarticulés. Apprenez-leur à prendre possession de leur corps et de leur énergie. Réveillez leur potentiel.

4/ Raconter, raconter, raconter

Habituez vos enfants à prendre la parole debout face à une petite assemblée. Pour cela, instaurez en famille de grands moments de discours. Racontez votre journée, puis faites les parler de la leur ou d’un moment qui les a marqué. Demandez leur de raconter leur cours d’histoire sur la révolution en vous mettant du point de vue du peuple, puis de celui du roi, puis de celui du cheval du fils du roi😜… Jouez à le faire en quelques phrases, puis, chronométré, en deux minutes.

Autre exercice sympa : demandez à votre enfant de choisir 10 mots que vous allez devoir caser dans une histoire. Puis inversez les rôles (en fonction de l’âge de l’enfant, réduisez le nombre de mots).

5/ Le mot juste

Le français est une langue merveilleuse, pleine de nuances. Et pourtant on utilise que quelques verbes ou adjectifs. Jouez avec vos enfants à un jeu, inspiré du ni oui, ni non. Choisissez deux verbes parmi les verbes suivants que vous devrez bannir de vos phrases le temps du jeu : faire, être, avoir, mettre, prendre. Ensuite… Ben, débrouillez vous. Il va falloir les remplacer. Aide du dico ou de Google autorisée ☺️

6/ Accrochez

Pour attirer l’attention du public et leur donner envie d’en entendre davantage, le mieux est de toujours commencer par quelque chose de surprenant, une interpellation, une question, un geste.

2 exemples

  • Pour un conte de fées : « Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le papillon de nuit est attiré par la flamme ? »
  • Pour une histoire drôle : « Je connais l’histoire des camarades de classe qui inclut toutes les autres histoires qu’on s’échange à l’école. Je vous dis juste que cela parle de toilettes ».

Imaginez avec votre enfant que vous êtes en train de travailler, et qu’il doit attirer votre attention pour vous raconter une histoire drôle : comment s’y prendrait-il ?

Pour être intéressant, il faut toujours savoir vers où l’on veut guider son interlocuteur, avoir un but. Demandez à votre enfant de raconter une histoire en ayant un but précis en tête, et jouez à deviner ce but. Puis échangez les rôles. Ou sélectionnez ensemble un but et tentez de raconter l’histoire en quelques phrases, puis en 1 minute, puis en 5 minutes.

Et vous, que faites-vous pour travailler les histoires avec vos enfants ?

Si ça vous intéresse, quelques liens pour aller plus loin…

https://www.google.fr/amp/s/fr.m.wikihow.com/raconter-une-histoire%3famp=1

http://petitshomeschoolers.blogspot.fr/2015/01/apprendre-par-la-narration.html?m=1

http://petitshomeschoolers.blogspot.fr/2015/12/quels-supports-pour-la-narration.html?m=1

https://www.crapaud-chameau.com/2016/01/le-cahier-des-histoires-raconter.html

http://lescarnetsdubienetre.com/ecrire-une-histoire-mots-imposes/

http://www.teteamodeler.com/boiteaoutils/expression/fiche23.asp

https://www.webmarketing-com.com/2015/10/05/41737-27-techniques-de-storytelling-booster-vos-ecrits

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4 trucs pour apprendre à nos enfants à se détendre

water-1759703_1920Dans la série «pourquoi attendre d’être adulte pour s’intéresser au développement personnel », il me semble important d’éduquer nos enfants très jeunes aux techniques du contrôle de soi, des émotions et du stress. De nombreux adultes souffrent aujourd’hui de pression psychologique, de burn-out. Peut-être que s’ils avaient découvert et pratiqué tôt dans leur vie des techniques de relaxation, de prise de recul, peut-être auraient-ils réussi à limiter leur souffrance ?

Il existe de nombreuses techniques, mais c’est comme tout, il faut pratiquer longtemps avant qu’elles deviennent une seconde nature. Yoga et méditation deviennent à la mode. Pourquoi n’enseigne-t-on pas cela aux enfants puis aux collégiens et lycéens ?

Voici quelques trucs et astuces glanés ici et là que je souhaitais partager avec vous. Et qui, si elles sont pratiquées par vos enfants, leur serviront certainement toute leur vie. En tous cas, cela ne peut pas leur faire de mal 😀

  1. Souffler une bougie

Nos chers bambins adorent le faire. Quel enfant n’a pas tenté de souffler les bougies des gâteaux d’anniversaire de ses frères et soeurs ou de ses copains ? A la fois ludique et pédagogique, ce petit jeu va leur apprendre à respirer profondément.

Placez l’enfant à 2 mètres d’une table sur laquelle vous avez posé une bougie. Puis, demandez-lui de gonfler ses poumons au maximum et de souffler le plus fort possible pour éteindre la bougie. Sans se pencher en avant, bien sûr, pas de triche ! 😀

Recommencez plusieurs fois en rapprochant progressivement la bougie.

https://amp.nospensees.fr/9-jeux-de-relaxation-eduquer-enfants-emotionnellement-forts/

  1. Ne  pas quitter la petite balle des yeux

La respiration est un outil fabuleux pour retrouver notre équilibre mental et physique. Il y a un rythme particulier qui permet à notre coeur de rentrer en résonance avec la respiration. Cela s’appelle la cohérence cardiaque. Nous avons chacun une fréquence optimale de résonance propre qui est située entre 4 et 7 respirations par minute.

On peut s’y entrainer. Regardez la vidéo suivante : vous respirez lentement tant que la balle monte et expirez quand elle descend. Idéal pour se calmer.

https://m.youtube.com/watch?v=zM2gq8kYKyE

Plusieurs applications mobiles gratuites permettent de s’y entraîner, comme Respirelax par exemple ou encore HAPPYrespi, la plus ludique pour les enfants : vous êtes a bord d’un petit vaisseau que vous contrôlez avec votre respiration  :

– inspirez, il monte ;

– expirez, il descend.

Fascinant….

https://itunes.apple.com/fr/app/happyrespi/id1112468275?mt=8

  1. Relaxation dynamique

C’est une technique utilisable partout et à n’importe quel moment. Elle consiste à contracter des muscles puis les laisser retomber pour les détendre. Utile avant de se coucher par exemple, ou avant un moment stressant (ex : prendre la parole en public).

Voici quelques exemples de muscles à faire fonctionner :

  • Visage : demandez à votre enfant de plisser le nez, la bouche et le front, comme s’il sentait une très mauvaise odeur, puis de relâcher. Répétez 3 fois de suite.
  • Mâchoires : demandez à votre enfant de serrer les mâchoires très fort, comme un petit chien qui refuserait de lâcher son os, puis de relâcher doucement pour finir la bouche ouverte, la mâchoire détendue.
  • Bras et épaules : votre enfant va tendre les bras, à l’horizontale, devant lui, puis les lever jusqu’à avoir les mains au-dessus de la tête, les bras toujours tendus. Là, demandez-lui de s’étirer vers le haut le plus possible… puis de laisser les bras retomber le long du corps, complètement détendus.
  • Bras et mains : dans cet exercice, votre enfant va devoir imaginer qu’il presse une orange, le plus fort possible, dans sa main droite, avant de la jeter par terre en laissant balancer le bras. Vous passerez au bras gauche après avoir réalisé cet exercice 3 fois.
  • Abdominaux : allongé au sol, invitez votre enfant, trois fois de suite, à contracter ses abdominaux le plus fort possible, mais seulement pendant quelques secondes, puis de relâcher la tension. Recommencez en position debout.
  • Jambes et pieds : debout, pieds nus, demandez à votre enfant de faire comme s’il creusait dans le sable avec ses doigts de pieds. Il va alternativement les replier en appuyant sur le sol puis les étirer, jusqu’à sentir ces mouvements dans les muscles de ses jambes.

https://www.google.fr/amp/s/www.relaxationdynamique.fr/3-techniques-relaxation-actives-enfants/amp/

  1. Rire 

Ça c’est la discipline que je préfère, indéniablement 😂. Dans notre vie de tous les jours, on ne rit pas assez, c’est sûr. Le plus triste est qu’il peut même paraître inconvenant de rire ! Or il n’est meilleure solution que rire pour se détendre et voir la vie différemment.

Voici quelques vidéos géniales à regarder et re-regarder avec vos enfants :

https://youtu.be/Rtah1IWF8nA

https://youtu.be/vbvl7jv0b0E

https://youtu.be/_8ZHcMb8EcU

https://youtu.be/R6YrYd2dasw

https://youtu.be/e3nIQgtWcz4

https://youtu.be/ziPH6rT7ICo

 

Perso, je dois rire minimum une fois par jour🤣

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous des techniques à partager que vous utilisez pour vous mêmes qui pourraient être adaptées à nos enfants ?

Et si on inscrivait nos enfants à des cours de développement personnel ?

girl-516341_1920Soft skills, vous connaissez ? Mais oui, vous savez, les compétences liées au développement personnel : relations interpersonnelles, confiance en soi, art oratoire, créativité, intelligence émotionnelle… Autant de compétences qui, si elles ne sont pas considérées comme des matières dans le système scolaire français, et donc souvent considérées avec dédain en comparaison avec des sciences dures, deviennent des éléments clés de réussite dans la vie professionnelle. En tant que parents, nous devons compléter l’éducation de notre enfant pour l’ouvrir à ces compétences et l’aider à les développer, pour qu’il ne soit pas déconnecté de ces éléments et qu’il ne les découvre pas au dernier moment. 

Le développement personnel : de plus en plus en vogue

C’est de plus en plus la mode. La mode du développement personnel, de l’autocoaching, du bien-être, savoir prendre du temps pour soi, réfléchir à être heureux. Les magasins comme Cultura dédient désormais des espaces de plus en plus larges au développement de compétences « douces ». Les adultes se forment aux relatons interpersonnelles, à l’art de la critique constructive, l’art d’aller chercher l’information, créer et entretenir son réseau, l’art de prendre la parole.

Plus on commence tôt, meilleur on est

Dommage que les enfants n’aient pas découvert ces compétences et surtout les aient pratiquées plus tôt. Car ces enseignements n’ont de valeur que pratiqués, pratiqués et re-pratiqués. Comme toutes les compétences, la pratique est au moins aussi importante, si ce n’est plus, que la théorie. Tant qu’on n’a pas essayé, on ne s’est pas confronté à la difficulté et on ne comprend pas ce qu’il faudrait améliorer. Cela ne devient pas une seconde nature. C’est vraiment fort dommage que l’école ne les enseigne pas, car c’est autant de temps perdu, et c’est toujours plus compliqué d’essayer de revenir sur des habitudes mal acquises. On note quelques efforts de l’Education nationale pour essayer de faire travailler quelques unes de ces compétences : faire des exposés à plusieurs, par exemple. Le projet est louable, car il permet de découvrir comment travailler à plusieurs, de réfléchir aux compétences de chacun et à la manière d’utiliser au mieux toutes ces compétences… mais la réalisation est souvent ratée. En témoignent le nombre d’exposés qui finissent par un partage entre les élèves des parties à réaliser, peu de mise en commun, quand ce n’est pas un seul élève qui s’y colle…

Ce sont les parents qui doivent veiller à travailler ces éléments.

Pour bien préparer ses enfants et leur donner toutes les chances de réussir et surtout d’être heureux ensuite, il est nécessaire, en tant que parent, de les sensibiliser ses enfants à ces aspects, leur donner les bases et les aider à pratiquer. Ainsi, confier progressivement à ses enfants la réalisation de petits projets, à adapter en fonction des âges (par exemple organiser un voyage familial ou faire le repas), travailler ensemble la communication, la capacité à gérer son temps ou à réfléchir sur ce qu’on aime et ses compétences…

Pourquoi les formations au développement personnel ne sont-elles proposées qu’aux adultes ? Et si on pouvait y inscrire nos chères têtes blondes ? Et vous, qu’en pensez-vous?

Les parents, leur ordinateur et le sens du boulot

pc-1207683_1920.jpgA la question «Que font tes parents comme métier ?» il n’est pas rare que les enfants répondent «Ils travaillent sur un ordinateur». L’informatique et, de manière générale, la multiplication des métiers de service rendent difficile la compréhension des enfants de ce que nous faisons au quotidien. C’est effectivement beaucoup plus simple de concevoir ce que fait un boulanger ou un maçon que responsable informatique ou encore spécialiste communication digitale… L’attitude, la tenue, les gestes ou même le résultat : rien n’est vraiment différenciant ni concret. Comment dès lors bien comprendre la notion de métier ? Comment réussir à se projeter dans le futur sur ce qu’ils feront plus tard ?

Le stress du choix d’orientation

En seconde, chaque élève doit décider ce qu’il veut faire et choisir sa filière (S, ES, L ou autre) en fonction. En seconde. C’est-à-dire à l’âge de 15 ans ! Est-ce bien judicieux de le faire à cet âge quand on sait que, en moyenne, ce même élève commencera à réellement à travailler 10 ans plus tard… Comment faire des choix structurants pour la vie à l’âge où le corps se modifie, où l’on essaye de s’adapter à de nouveaux fonctionnements perturbés par des poussées d’hormones ?

Savoir ce qu’on veut faire, un vrai dilemme

Evidemment, lorsqu’on demande à ces ados « que voulez vous faire plus tard ? », en général ils ne savent pas.

Si on est honnêtes, avouons que nous non plus, souvent, même adulte, on ne le sait pas. Les vocations sont très rares. Je constate d’ailleurs autour de moi une recrudescence de copines qui découvrent, après 20 ans de métier, que le métier qu’elles ont choisi – communicant, chirurgien, assureur – ne les satisfait pas, et décident de changer totalement de voie.

Un mauvais choix pour de mauvaises raisons

Le problème, c’est que le système scolaire tel qu’il existe aujourd’hui en France impose de choisir une voie au lycée, puis une voie après le bac, quand on a la chance de poursuivre ses études. Et là, le choix de l’orientation devient un stress là où cela devrait être un plaisir. Quand on y pense : c’est génial de se projeter dans ce qu’on a envie de faire ! C’est une phase excitante dans laquelle on peut se demander « comment réaliser mes rêves ». C’est génial de pouvoir se dire « la vie est devant moi, que vais-je pouvoir entreprendre ». Malheureusement, aujourd’hui, le timing du choix est rythmé, et qu’on le veuille ou non, qu’on soit prêt ou non, il faut faire un choix en cours d’année scolaire. Conclusion, le choix se fait très souvent sur la base d’un rationnel contestable : « j’aime les matières scientifiques et je suis bon en maths, je vais en S, la voie royale qui me laisse encore le choix ouvert. Sinon je vais en ES ou L ». Et malgré les différentes réformes du système scolaire, les voies restent toujours choisies de cette manière. Et rebelote après le bac. On finit par choisir une voie par des matières. Et donc un métier par des matières. Et non pas par des compétences, ni une envie quelconque. Comment se plaindre ensuite que l’on ne soit pas heureux dans ce que l’on fait ?

Permettre la créativité

Mais en fait, pourquoi le système nous oblige-t-il à choisir, notamment en seconde ? Pourquoi faudrait-il suivre des voies déjà écrites ? Pourquoi ne pourrait-on pas choisir des sujets qui nous intéressent, comme des sortes d’options, et créer sa propre voie d’apprentissage ? Pourquoi faut-il impérativement choisir entre les maths et le français ? Pourquoi aimer l’informatique nécessite forcément de faire des maths à très haut niveau ? En fait, la manière dont nous proposons à nos jeunes de choisir une voie pose une question fondamentale sur la créativité ou la reproduction à l’identique de notre société : pourquoi forcément se projeter sur des métiers qui existent à une époque où de nouveaux métiers naissent régulièrement ? Ne faut-il pas plutôt laisser à chacun le droit d’inventer demain son propre métier ? En proposant des voies déjà tracées, comment permet-on d’inventer demain ?

Surtout que, dans la vie, ce sont les compétences qui sont nécessaires. Pourquoi quelqu’un qui n’aime pas la matière maths ne pourrait pas être un crack de l’informatique ?

Pourquoi ne peut-on pas donner le choix des matières ? Et permettre ainsi la curiosité et l’ouverture tout en jouant sur ce que les élèves aiment. On sait qu’on apprend mieux quand on aime !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Les notes tuent l’autonomie

« Voilà mon mail. Est-ce qu’il correct ? » Non, ce n’est pas un jeune enfant qui s’adresse à la maitresse. C’est un stagiaire arrivé dans l’entreprise. Des questions de ce type de la part de mes stagiaires, j’en ai souvent eues, et cela m’a toujours étonnée. Ils attendaient de moi le “corrigé” de l’exercice. Mais il y a plusieurs manières d’écrire un mail, pas une seule… Je ne peux pas corriger, je peux seulement leur montrer comment j’aurais rédigé, moi. Mais ma manière d’écrire n’est pas universelle ! A force de réfléchir à cette question, je me suis demandée si le système de notes auquel nous avons été soumis jusqu’à au moins 18 ans, n’avait pas un effet pervers sur la construction des futurs adultes…

Les notes et l’autonomie

En donnant systématiquement des notes à chaque travaux réalisés par les élèves, l’école éloigne les élèves de l’autonomie. Ils apprennent non pas à faire du mieux possible pour l’objectif qu’ils visent, mais pour obtenir une « bonne » note. Les plus « scolaires » ne vivent que pour cela, une bonne note les regonflant d’énergie, une mauvaise note les détruisant. Et ceux qui ne sont pas scolaires, qui se rebellent et ne se soucient pas de leurs notes ni des règles, le système les considère comme hors système et ne sait qu’en faire. Céline Alvarez, dans son livre « les lois naturelles de l’enfant », s’est étonnée que ce comportement de recherche de la validation des adultes arrive si tôt. En proposant à ses élèves de choisir eux-mêmes leurs activités, elle s’attendait à ce que les enfants de 4 ans fassent preuve de plus d’autonomie que leurs cadets de 3 ans. Elle a été très surprise de découvrir le contraire, et voir les plus jeunes s’orienter tout seuls, tandis que leurs ainés étaient un peu perdus et ne savaient pas trop quoi choisir, ayant peur de « mal faire » au regard de leur maitresse. Elle a eu beaucoup de mal à les « déconditionner », et les renouer avec leur motivation intérieure.

Les notes, en jugeant les élèves, donnent le cadre de ce qui est bien ou mal. Et laissent entendre aux élèves qu’il y a toujours une voie « bien » et une voie « mal ». Comme mes stagiaires qui attendent que je leur donne LA solution. Or, dans la « vraie »vie (c’est terrible de dire qu’il y a une vraie vie et une vie à l’école), les choses ne sont jamais blanches ou noires. Il y a souvent de multiples manières de faire.

Note et objectivité

D’autant que le système de notation est loin d’être objectif. Si encore, tous les professeurs donnaient les mêmes notes en face d’une même copie. Mais, on le voit par exemple lors des concours ou des épreuves du bac, les systèmes de notation des différents professeurs sont souvent très différentes, et il faut faire en sorte de les rapprocher pour éviter d’avoir des notes trop dispersées. Et si le professeur est fatigué, il peut prendre ombrage d’une copie mal présentée et se laisser influencer par son humeur pour mettre une note qui ne juge pas la compréhension qu’a l’élève du cours, mais sur la présentation de sa copie. Lorsqu’on a été maitre de stage et qu’on doit noter le stagiaire sur le temps qu’il a passé dans l’entreprise, sur son rapport de stage et sa soutenance, on se rend compte à quel point le subjectif entre en ligne de compte. C’est si difficile de mettre une bonne ou une mauvaise note. La bonne note : c’est 15 ou c’est 20 ? Est-ce que cette note va avoir une influence sur son diplôme ? Que faut-il réellement noter ? Ce qui compte, en fait, c’est l’explication qui va avec la note…

Les notes, oui, mais pas trop

Bien entendu, les notes sont nécessaires pour pouvoir suivre l’évolution d’un élève. Mais peut-être faudrait il en limiter le nombre, et surtout nuancer les jugements, proposer plusieurs codes de lecture ? A cet élève qui aura peut être raté son interrogation de maths car il a fait des calculs faux, mais dont tous les raisonnements auront été justes, que veut dire une note de 10 ? Ne faudrait-il pas plutôt rendre visible qu’il doit faire attention à ses calculs mais qu’il a tout compris sur le raisonnement ? Ne faut-il pas plutôt analyser sa prestation : est-ce un problème de concentration ? Est-ce que c’est parce qu’il ne fait pas attention à la présentation sur sa copie et qu’il se trompe car il n’arrive pas a se relire par exemple ?

Les notes mauvaises et les bonnes notes

Ce n’est pas forcément les mauvaises notes qui sont nocives pour les élèves, mais aussi les bonnes. Car on conditionne les élèves à recevoir des jugements, et a attendre le graal du jugement de l’adulte, de l’autre. Et de ne pas être satisfait par soi même.  Finalement ce n’est pas forcément bon pour un adulte d’avoir été un élève brillant. Il est possible qu’il ne sache pas trouver de motivation intrinsèque, et attende systématiquement des récompenses venant de l’extérieur.

En tant que parent : veiller à l’autonomie

A la maison aussi, il faut agir. Il n’y a pas de note, mais certains comportements peuvent donner le même résultat. On pense bien faire en félicitant nos enfants. Mais en réalité, plus on dit des phrases comme « Bravo mon chéri, c’est bien, je suis fière de toi.», plus on rend addict son enfant à la récompense que constitue cette reconnaissance qu’on lui apporte, plus les enfants restent accrochés à notre jugement, attendant nos injonctions et nos appréciations. Ne pas les rendre dépendants de notre jugement, c’est apprendre nous aussi à rester neutres. Plutôt que de montrer de la joie sur leur travail, il faut se réjouir de les voir contents d’eux-mêmes. C’est difficile à faire. Mais ça vaut le coup !

C’est ce type de constat qui m’a poussé à lancer ce blog. J’y réfléchis depuis longtemps et avais envie de partager mes lectures, mes questionnements, voire mes expériences avec vous. Alors, qu’en avez-vous pensé ?